samedi 19 février 2011

Visite de Sainte Lucie

Après une courte pause à la marina de Rodney Bay, nous sommes allés mouiller à l’extérieur dans la baie. Les travaux du portique du régulateur d’allure ont été effectués dès notre deuxième jour d’arrivée. "Chinaman" a fait du très bon travail même si cela nous a coûte 200€. Désormais nous pouvons avoir confiance en notre portique.
Avant de repartir naviguer pour visiter l’île, nous profitons du mouillage pour nous reposer. La fatigue accumulée pendant la traversée se fait ressentir. Le temps est magnifique, la mer est chaude, enfin nous pouvons sauter de notre bateau et nager de bon matin. Nous en rêvions et c’est vraiment magique. Ce temps passé au mouillage est nécessaire, la coque doit impérativement être  carénée.

Le 29 janvier, départ pour Castries, capitale de Sainte Lucie. Une heure de navigation à 5 nœuds suffira pour nous y rendre.  Nous nous amarrons à un coffre gratuit. A peine arrivés, nous montons  dans notre annexe et filons en ville à la découverte du marché. Pour ce rendre en ville nous devons passer devant le port des pêcheurs. Leurs bateaux de pêche, qui ressemblent à de grandes barques motorisées, sont tous très colorés. Sur le quai de la criée, une table est installée et les pêcheurs jouent aux dominos à l’ombre d’un auvent de fortune. Ils adorent y jouer.
La mendicité fatalement liée aux grandes villes est bien présente ici. Nous sommes sollicités à plusieurs reprises pour acheter des babioles.
Le marché est un nid à photos pour Maud. On est plongé dans un univers complètement nouveau, pour nous occidentaux. Il n’y a pas de règle pour les étalages de fruits et légumes. Cela peut être aussi bien à l’arrière d’un camion, au sol sur une palette ou sur une table de camping… On y resterait des heures à observer ces scènes de vie qui animent le marché. En revanche pas évident de savoir les prix puisqu’ils ne sont pas affichés. Chaque prix est définit en fonction de la tête du client et son expérience des prix. Ayant de quoi manger à bord nous achetons seulement une noix de coco fraîche, coupée devant nous et servie avec une paille. Rien de tel pour se désaltérer. Une fois le liquide bu, on peut manger l’intérieur dont la texture ressemble à du litchi avec un goût de noix de coco jeune. Nous achetons ensuite quelques épices.
Nous déambulons quelques temps dans les rues de la ville, visitons l’église où est célébré un mariage puis rentrons au bateau.

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Le 30 janvier, départ pour Marigot Bay. Une heure de navigation et nous y sommes. Nous jetons l’encre dans la baie. A peine arrivés qu’un homme dans son embarcation vient nous accoster. Il adore notre bateau et nous informe que le même est à vendre un peu plus loin.
Après avoir parlé avec lui, nous plongeons de notre bateau. L’eau est claire et les fonds marins sont très pauvres, le corail est mort. Marigot Bay offre peu de choses à voir. Un hôtel de luxe, quelques restaurants et une marina sont les seules attractions de ce mouillage. En fin de soirée, nous décidons de partir marcher un peu plus dans les terres. Les habitations des gens sont très petites et très colorées. Des chats et des poules rodent autour. Quelques habitations ont été détruites par le cyclone et reconstruites avec peu de moyens. Nous rentrons avant que la nuit ne tombe.

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Le 31 janvier, nous partons pour Soufrière.  Un boat boy nous guide jusqu’à  notre futur mouillage qui est très près de la plage. Il nous informe que le mouillage est autorisé dans cette zone, or nous voyons sur la plage une pancarte indiquant le contraire : Interdiction de mouiller dans cette zone sous peine d’une amende de 5000$ EC soit 1390€. Nous ne sommes pas tellement rassurés, nous allons donc au poste des douanes pour voir si nous sommes bien en règle. Le douanier nous assure que nous pouvons rester et nous donne une carte de l’île avec les endroits à visiter.
Nous partons donc à pied en direction des Sulphur Springs.  Après une 1h30 de marche au bord de la route, nous arrivons à destination. Sur le chemin, nous avons pu encore constater les dégâts causés par le cyclone du mois d’octobre : la route abimée, des arbres déracinés, des éboulements de terre…
Ne souhaitant pas faire la visite guidée du site, nous achetons seulement un ticket (≈ 7€ pour 2 pers) pour les bains chauds de soufre. Arrivés en fin de journée tous les touristes sont partis, nous sommes les seuls dans le bain. L’eau est à environ 40°, nous avons du mal à y entrer malgré la chaleur environnante. Nous en profitons pour nous faire un gommage de corps avec la boue riche en soufre. Deux jours après nous sentions toujours le soufre !

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Nous rentrons à pied au bateau bien fatigué mais avec une peau toute douce.
Le lendemain, nous visitons le Jardin Botanique (≈ 10€ pour 2 pers). Nous sommes surpris de la fraîcheur sous les arbres. Nous découvrons plein de nouvelles espèces de fleurs qui sont toutes plus jolies les unes que les autres. Nous déambulons dans ce jardin pour arriver à une cascade.  L’aménagement y est très soigné.
L’après-midi nous partons à la découverte des fonds marins dans la réserve protégée. Nous trouvons les fonds bien mort. Nous ne sommes pas allés sur le site de plongée qui lui offre une faune et une flore beaucoup plus riche. Pour cela il faut avoir du matériel de plongée ou en louer et être accompagné d’un guide de plongée.

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Le 3 février nous rentrons directement à Rodney Bay. La navigation sera assez sport, nous sommes au près avec 20 à 25 nœuds de vent et surtout bien mouillés. Impossible de mettre notre veste de quart avec une chaleur pareille.
Nous restons seulement deux jours à Rodney Bay car en regardant la météo nous constatons que le vent va forcir. Nous devons quitter l’île à temps si nous ne voulons pas rester bloqué ici et manquer l’arrivée de nos amis Maelle et Mik en Martinique.
Nous quittons Sainte Lucie et partons à la découverte de notre deuxième île des Caraïbes, la Martinique.


dimanche 23 janvier 2011

Sainte Lucie

Première traversée de l’Atlantique accomplie! 

Nous sommes arrives ce matin à Rodney Bay/Sainte Lucie a 9h30 du matin heure locale. Nous sommes vannés! Le régulateur d’allure nous a finalement lâché 5 jours plus tôt, nous contraignant à nous relayer à la barre 24h/24. On vous le confirme, un régulateur d’allure c’est indispensable à bord. Mise à part quelques violents grains, ces derniers jours de traversée étaient moins pénibles que les précédents. La chaleur excessive de la journée nous obligeait à faire des quarts d’une demi-heure pour éviter de rôtir sous le soleil. 

L’atterrissage s’est très bien passé, nous avons commencé à voir les éclairages publics de la Martinique en début de nuit, puis de Sainte Lucie peut après. C’est au levé du soleil que nous avons découvert les formes ondulées de l’ile. La baie est magnifique et remplie de voiliers au mouillage. En remontant le chenal de la marina nous avons été salués par quelques habitants de l’ile près de leurs embarcations de pêche. Avant même de poser le pied sur l’ile, le dépaysement est total. 

Nous nous sommes directement rendus à Rodney Bay Marina pour passer la douane ou nous nous sommes déjà fait remarquer a cause de la petitesse de notre bateau. Le douanier nous demande : «Avez-vous traverse l’Atlantique avec ce petit bateau ? Oui. Vous êtes bien courageux !». Encore une fois, Avanti fait tout petit au milieu de tous ces grands bateaux de voyage. Nous nous sommes ensuite mis au ponton afin d’effectuer les réparations du portique du régulateur d’allure. 

Nous devons trouver un soudeur répondant au surnom cocasse de « Chinaman »… on vous tiendra au courant du succès de cette nouvelle aventure dans le prochain post. 

Mais pour l’heure, l’urgence numéro 1 est d’aller se ravitailler en fruits et légumes frais. Culinairement parlant nous n’avons quand même pas été malheureux pendant la traversée, grâce aux conserves faites par Maud et nos mamans. C’est quand même magique d’ouvrir un bon plat fait maison de légumes et de viande, prêt dans l’instant, en pleine mer. 

Pour ce qui est des fruits et des légumes embarqués, tout a tenu jusqu’au bout ; les choux ont duré 15 jours, les oranges et mandarines 20 jours et les pommes jusqu’au dernier jour. Le jambon de pays que l’on a acheté il y a 3 mois de ça à Cascais au Portugal est toujours en pleine forme, bien qu’ayant le cuissou bien entamé maintenant. Malgré les chaleurs à bord, cette viande n’a jamais tournée. 

Au niveau de la consommation d’eau douce à bord: sur les 374 litres embarqués à bord, nous en avons consommé 190 ce qui fait 3,3 litres par jour par personne. Cela comprend la consommation personnelle, la cuisine et les douches. 

Nous avons fait 2800 milles nautique en 29 jours et 17 heures, ce qui fait une moyenne de 4 nœuds, ce qui n’est pas si mal contenu de la première semaine de pétole désastreuse. Il faut dire que nous avons eu sur le reste de la traversée un alizé très soutenu. 

En conclusion, même si nous avons eu des moments parfois difficiles, nous sommes ravis de cette transat.

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mercredi 12 janvier 2011

Jour 18

Position: N 18 27.994 W 40 53.279

Il y a 5 jours de ca le temps a commencé à se gâter, nous apportant une
mer forte à très forte et un vent de force 6-7. Depuis lors, nous passons
le plus clair de notre temps cloitré à l'intérieur d'Avanti. La houle est
croisée et très inconfortable.
De temps à autre des déferlantes assez violentes viennent fouetter Avanti
sur le flan ou l'arrière, le couchant presque parfois. On entend alors le
grondement sourd de la déferlante passer sur nous, roulant sur le roof. A
deux ou trois reprises nous avons été surpris par l'une d'entre elles,
venant de nulle part, le panneau de pont et la descente ouverte, c'est
alors les chutes du Niagara à bord! Quelle joie d'éponger tout ca. On
comprend maintenant quand les coureurs au large disent se sentir comme
dans une machine à laver dans ces conditions là.
L'acharnement de ces masses d'eau a eu raison de notre régulateur d'
allure. La plaque inox le supportant est en train de s'arracher du
portique (voir photo). Heureusement, Maud s'est aperçue du problème à
temps, et Seb a pu faire un brelage de fortune qui devrait tenir bon
jusqu'à notre arrivée à Sainte Lucie. Un peu plus et nous perdions le
régulateur d'allure. C'est un élément extrêmement important à bord, c'est
lui qui barre Avanti nuit et jour, nous laissant le luxe de faire notre
veille depuis l'intérieur quand on se fait trop rincer dans le cockpit. La
perspective de barrer Avanti 24h/24 dans cette mer là ne nous enchante
guerre.
A mesure que nous progressons, la chaleur augmente toujours un peu plus.
Il fait 27 degrés le jour et 25 la nuit, ce qui nous force à laisser la
descente et le panneau de pont ouverts le plus possible. Car une fois tout
ferme l'air devient très vite lourd à bord. Mais gare aux déferlantes…
Hier dans une accalmie nous avons pu prendre notre 2eme vraie douche de la
traversée, les autres étant des toilettes de chat. Les seaux d'eau de mer
que l'on se déverse sur le corps font un bien fou. La température de l'eau
avoisine les 25 degrés. Le vent et le soleil nous sèchent rapidement.
Nos moyennes quotidiennes ont depuis augmenté; nous faisons 110 miles
nautiques par jour, notre record étant 136.
Si les conditions se maintiennent, nous pensons arriver a Sainte Lucie
dans 12 jours environ.